Date : 25/11/2011

Prothèse mammaire PIP : un décès qui inquiète

Le débat autour des prothèses PIP est relancé par la mort d'une femme de 53 ans.

Prothèse mammaire PIP Le Dr Dominique-Michel Courtois
montre une prothèse mammaire PIP

Edwige Ligoneche est morte à 53 ans. « D'un lymphome avec antécédents de complication sur prothèse mammaire », précise le communiqué de l'institut Paoli-Calmettes de Marseille.

D'après l'avocat de sa famille, Me Philippe Courtois, qui est aussi celui d'autres porteuses de prothèses fabriquées par Poly-Implant Protheses (PIP), « la lettre de son cancérologue dit clairement que le lymphome s'est développé au contact de la prothèse qu'elle portait ». L'avocat estime : « Nous sommes face à un scandale sanitaire qui pourrait toucher nombre de femmes porteuses de prothèses PIP en France et ailleurs, car une grande partie de la production de la société, un temps troisième fabricant mondial, a été exportée, notamment au Royaume-Uni et en Espagne. »

« C'est un problème de santé publique sans précédent concernant du matériel implantable sur l'être humain », tempête de son côté le docteur Dominique Courtois, président de l'Association d'aide aux victimes d'accidents corporels (Aavac). « Et ce d'autant que, cet été, l'Agence de sécurité sanitaire des produits de santé (afssaps) nous a assuré que les analyses étaient rassurantes », fulmine celui qui se bat aussi pour les victimes de l'Isoméride et du Mediator.

Voilà plus de six mois que l'Afssaps a été saisie de plaintes sur ces implants mammaires. Fin mars 2010, l'agence a d'ailleurs effectué une inspection des locaux de PIP à La Seyne-sur-Mer (Var) qui a conclu à l'utilisation dans les implants d'un gel de silicone différent de celui qui avait été déclaré dans les dossiers de conception et de fabrication. Le silicone en question n'était pas destiné à un usage médical, mais industriel, d'où une gélification favorisant les fuites à travers l'enveloppe de l'implant et pouvant le fragiliser jusqu'à la rupture.

À l'époque, l'Afssaps avait d'ailleurs suspendu la commercialisation du gel et recommandé aux femmes porteuses d'implants de consulter un chirurgien.

Le docteur Courtois a aussi reçu hier un appel téléphonique d'un chirurgien de Nice interpellé par une patiente qui, porteuse d'implants PIP, avait vu se former dans ses seins des siliconomes, des kystes dont certains avaient d'ailleurs transpercé les côtes. Le docteur Courtois explique que le gel toxique utilisé par la société PIP est entré en contact avec les tissus et la glande mammaire et que l'organisme s'est défendu en croyant que la chaîne lymphatique était attaquée. D'où la formation de kystes dégénérant en cancers.

Environ 30 000 femmes en France sont porteuses de ces implants, soit par souci esthétique, soit parce qu'elles ont subi une reconstruction mammaire après l'ablation d'un sein.

Source : Sud ouest - PIP - Prothèse mammaire : un décès qui inquiète

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