Date : 18/06/2011

Erreur médicale : combat pour Tifany, morte à l'hôpital

Cinq ans après le décès de Tifany, sa famille dénonce encore l'« erreur médicale ». Elle est soutenue par la fille de Jacques Chirac.

médicament Mediator « coupe-faim » Tifany Le Baudour,
morte à l'hôpital

Émotion hier après-midi au cimetière de Tocane-Saint-Apre, cinq ans jour pour jour après la disparition, le 17 juin 2006, à l'hôpital Pellegrin à Bordeaux, de Tifany Le Baudour, 12 ans, lors d'une opération chirurgicale réputée « anodine », pour une malformation vasculaire à une cuisse.

Autour des parents et des plus proches amis de la fillette portant son portrait, le village faisait bloc à travers sa vie associative : poney-club en selle, marcheurs et boulistes évoquaient les attaches de Tifany et de sa famille. Mais on était évidemment frappé de la présence de nombreux policiers de la CRS 22 de Périgueux, celle de Christian Le Baudour, le père de Tifany, un « ch'ti » descendu dans le Sud.

La fille adoptive de Chirac

Avec à leur tête le lieutenant Laurent Plante représentant leur commandant de compagnie, les CRS ont apprécié la présence d'Emmanuel Traxel, de la CRS 1 de Vélizy (région parisienne) et frère d'un des leurs à Périgueux.

Il était venu avec sa femme Anh Dao Traxel, qui n'est autre que l'impétueuse fille adoptive franco-vietnamienne de Jacques Chirac.

D'une activité débordante (elle se rend aujourd'hui dans le Nord), elle préside l'Étoile européenne du dévouement civil et militaire, soucieuse, dans ce drame de Tocane, que « Tifany repose en paix, sans polémique ».

Une longue procédure

Un autre président participait à cette cérémonie également marquée par la poignante intervention du maire, Gérard Senrent : Dominique Courtois, de l'association Aide aux victimes d'erreurs médicales (Avaac). Faisant allusion à un malheur personnel (la perte d'un fils sur la route), ce médecin bordelais a regretté à Tocane qu'il n'existe pas d'équivalent du mot « orphelin » pour les parents en deuil.

Il gère, avec son équipe de spécialistes bénévoles de la santé et du droit, de 7 à 8 000 dossiers par an et s'occupe d'une trentaine d'affaires au pénal. L'Avaac est directement impliquée au plan national dans le scandale du Mediator, le dossier des implants mammaires, celui des irradiés d'Épinal et de Toulouse, etc.

Christian Le Baudour affirme avoir été en contact avec Dominique Courtois immédiatement après le drame. Il certifie que cinq ans de lutte n'ont pas émoussé sa ténacité, pas plus que celle de son épouse. Après le non-lieu prononcé, ils attendent d'aller en appel, en procédure civile au tribunal administratif, en cassation et pourquoi pas même devant la Cour européenne des droits de l'homme, malgré la cherté des démarches.

Dominique Courtois, sans préjuger du tour que prendra l'affaire au final, met en cause des « opacités » dans le dossier de Tifany, tel qu'il ressort des expertises ; le soutien entre eux de certains praticiens ; et la « suffisance » de spécialistes jamais effleurés par l'ombre d'un doute professionnel, mais en revanche « fuyants » à l'heure des explications.

Tout en saluant ses copains CRS, Christian Le Baudour, lui, lit et relit une note du chirurgien qu'il accuse : « On y perçoit des doutes préalables, et je n'aurais jamais dû lui confier ma fille. Cette opération ne constituait pas une urgence ! »


Source : Erreur médicale - combat pour Tifany, morte à l'hôpital



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